Penser la nouvelle bibliothèque

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Nombre d’exemplaires

Dernier ajout : 25 juin 2007.


L’ancien modèle de bibliothèque peine à accepter d’acquérir plusieurs exemplaires d’un même document. Les arguments mobilisés sont nombreux et parfois discutables. Par exemple :
- multiplier le nombre d’exemplaires revient à privilégier les gros éditeurs alors que ce sont les petits qu’il faudrait soutenir. L’argument est contestable à l’heure où la loi sur le droit de prêt fournit aux éditeurs (y compris petits) des ressources émanant des bibliothèques.
- les budgets d’acquisition ne permettent pas l’achat de plusieurs exemplaires. Combien de documents acquis ne donnent lieu à aucun prêt ?
- la multiplication des exemplaires nuit à la diversité des collections. S’il faut préserver cette diversité, elle peut l’être (voir point précédent) et le destinataire des bibliothèques n’est-il pas la population plutôt que les documents (fussent-ils choisis sur des critères de « qualité » !) ? Peut-on faire la promotion de la lecture sans proposer les livres qui ont du succès ?

Une fois posées ces critiques, il reste à répondre à des questions : quels documents choisir en plusieurs exemplaires ? Ne peut-on pas, comme la bibliothèque de Delray Beach en Floride, passer des contrats de location avec des éditeurs pour des grandes quantités sur une durée de trois mois ? Comment les mettre en avant ?

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5 Messages de forum

  • Nombre d’exemplaires

    3 juillet 2007 14:47, par Isabelle Huber

    De retour d’un voyage d’étude dans les bibliothèques finlandaises, j’ai constaté que nos collègues avaient largement instauré pour les livres de fiction une politique d’exemplaires multiples, aussi bien en adultes qu’un jeunesse. Il n’est pas rare de trouver 3 ou 4 exemplaires d’un même titre. Est-ce au détriment de la diversité comme semblaient le penser nombre de collègues (français) présents dans le groupe ? Il est vrai que leur production nationale est moins abondante et riche que la nôtre, mais il y a beaucoup de traductions en finnois de littérature anglo-saxonne par exemple. A budget équivalent, c’est moins de titres, mais plus de possibilités simultanées pour les lecteurs de lire une nouveauté. J’avoue que c’est une question qui m’interpelle particulièrement, plus que la plupart de mes collègues qui pensent que ce n’est pas transposable en France.

    Voici le blog que nous avons tenu au jour le jour, nos réactions à chaud sur ce voyage organisé par l’ABF Lorraine :

    Voir en ligne : De Lorraine en Finlande

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    • Nombre d’exemplaires 21 novembre 2007 07:01, par Loïc

      La question des exemplaires multiples n’est meme plus à l’ordre du jour. De plus en plus de collègues, dont certains font leur "outing" dans la presse, reconnaissent acheter certains best sellers et "incontournables" en plusieurs exemplaires.Je viens d’acheter trois Potter et trois Pennac.

      Et chacun voit bien que le debat ne se situe plus que sur des questions purement budgétaires, puis de désherbage.Tout au plus chipote t-on ici ou là sur l’interet de tel ou tel titre,mais le mouvement est lancé.La plupart du temps encore discretement, au sein de chaque bibliothèque.

      La seule motivation est de faire en sorte, localement, d’endiguer l’hémorragie des lecteurs insatisfaits et consommateurs de litterature immédiate.D’autres pratiques "élargissantes" se font jour : debats sur la gratuité necessaire (au vu des resultats excellents affichés par les structures passées à la gratuité),elargissement maximum de l’offre internet vers les secteurs les plus demandés (jeux en ligne, acces aux forums, boite-mail perso,achats en ligne),developpement hors quotas de secteurs comme le livre pratique, les loisirs créatifs.

      Bref, d’un côté on fait face à la demande, tout en conservant d’un autre côté, notamment sur les sites pros un discours décalé par rapport à nos pratique locales. On resre dans de prudents "oui-mais", "y a des limites", "notre mission" etc...Comme si l’on sentait bien que les pratiques d’ouverture basées sur la demande publique risquaient de paraitre illegitimes. Alors qu’on y va tous ! Et puis que faire face à un élu qui grogne en voyant la frequentation baisser ?

      Ce decalage ente nos petites pratiques de terrain et le discours ideologique toujours véhiculé par les instances représentatives de la profession, ne pose t-il pas precisement la question de leur réelle représentativité ? Ont-ils aussi des elus grognons, prêts à baisser les credits ou sont-ils au dessus de cela ? Qui represente la profession au niveau des pratiques : les 4000 bibliothèques petites et moyennes, de terrain,ou quelques grands tribuns conservateurs de structures dantesques ?

      Les praticiens de terrain ont-ils encore une visibilité ? Leurs pratiques ont-elles une chance de remonter ou sont-elles destinées à vivoter localement. C’est dans nos structures que nous faisons entrer le lecteur dans le jeu bibliothéconomique, de differentes façons.

      Je dis que localement les petits praticiens de base que nous sommes s’activent comme des fourmis pour ameliorer l’accueil, fideliser le lecteur populaire, et briser certains tabous, dans le souci principal de conserver un bon niveau de frequentation à notre structure.Mais comme nous sentons bien que cette quête dite "du chiffre" reste très suspecte aux yeux des pontes qui nous représentent, nous préférons ne pas ou peu en parler. C’est pourtant de ce tissu là que sortira un modele de bibliotheque de proximité viable pour l’avenir. De nos petits laboratoires. Pas des grandes officines. Non ?

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      • Nombre d’exemplaires 23 novembre 2007 20:59, par Claude Poissenot

        Parfaitement d’accord sur l’analyse de la situation. Les pratiques courantes dans les bibliothèques sont en cours de changement sans doute davantage que la théorie professionnelle dominante. C’est la raison pour laquelle il est temps de construire une nouvelle théorie alternative plus en phase avec les pratiques réelles des professionnelles et les attentes des élus. J’y travaille !!

        Merci

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  • Nombre d’exemplaires

    18 mai 2008 20:18, par Discobloguons

    Bonjour,

    Chargé d’acquisition de plusieurs styles musicaux, j’ai la chance de disposer d’un budget suffisant pour doubler la plupart des disques très demandés (disons, dès que l’on atteint les 15 réservations) ; mais il serait difficile de monter à 4 ou 5 exemplaires d’un même titre sans déséquilibrer le fonds de façon visible, alors même que des titres à première vue peu connus atteignent les 15 prêts à l’année. On admire souvent - et à juste titre - la situation des bibliothèques finlandaises dans ce domaine, en omettant tout aussi souvent un léger détail : ces dernières sont considérées comme une priorité et disposent de budget d’acquisition et de personnel 4 à 5 fois supérieurs à leurs équivalentes françaises en euros par habitant. Ca aide...

    Voir en ligne : http://discobloguons.blogspot.com

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  • Nombre d’exemplaires

    19 novembre 2008 13:43, par nath

    Responsable du secteur romans adultes dans ma bm, je suis souvent confrontée à la demande de doublons sur les best sellers. A la base, je ne suis pas contre, je me suis fixée une base pour mettre en place l’achat d’un doublon (et éviter d’acheter 2 exemplaires d’un Marc Levy médiocre par exemple) je double en gros caractères assez rapidement les ouvrages best-sellers (certains sortent le mois suivant !)

    je double l’exemplaire "normal" dès que la liste d’attente dépasse 10 personnes nous ne prolongeons bien évidemment pas les livres réservés et demandons gentiment aux lecteurs de le lire en priorité pour raccourcir au mieux les délais d’attente : beaucoup jouent le jeu

    car quand on voit 3 exemplaires du Da vinci code qui ne sortent plus du tout depuis 2 ans, ça fait un peu mal au coeur... certes ! mais au final ils ont été empruntés 150 fois au total.

    Il faut rester raisonnable en fonction de son budget. Une petite bibliothèque avec un budget faible ne pourra peut-être pas doublée plus de quelques titres.

    Nous avons également la chance d’avoir quelques lecteurs qui nous donnent leurs propres livres récents, parfois très vite après la parution...

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