La question des exemplaires multiples n’est meme plus à l’ordre du jour. De plus en plus de collègues, dont certains font leur "outing" dans la presse, reconnaissent acheter certains best sellers et "incontournables" en plusieurs exemplaires.Je viens d’acheter trois Potter et trois Pennac.
Et chacun voit bien que le debat ne se situe plus que sur des questions purement budgétaires, puis de désherbage.Tout au plus chipote t-on ici ou là sur l’interet de tel ou tel titre,mais le mouvement est lancé.La plupart du temps encore discretement, au sein de chaque bibliothèque.
La seule motivation est de faire en sorte, localement, d’endiguer l’hémorragie des lecteurs insatisfaits et consommateurs de litterature immédiate.D’autres pratiques "élargissantes" se font jour : debats sur la gratuité necessaire (au vu des resultats excellents affichés par les structures passées à la gratuité),elargissement maximum de l’offre internet vers les secteurs les plus demandés (jeux en ligne, acces aux forums, boite-mail perso,achats en ligne),developpement hors quotas de secteurs comme le livre pratique, les loisirs créatifs.
Bref, d’un côté on fait face à la demande, tout en conservant d’un autre côté, notamment sur les sites pros un discours décalé par rapport à nos pratique locales. On resre dans de prudents "oui-mais", "y a des limites", "notre mission" etc...Comme si l’on sentait bien que les pratiques d’ouverture basées sur la demande publique risquaient de paraitre illegitimes. Alors qu’on y va tous !
Et puis que faire face à un élu qui grogne en voyant la frequentation baisser ?
Ce decalage ente nos petites pratiques de terrain et le discours ideologique toujours véhiculé par les instances représentatives de la profession, ne pose t-il pas precisement la question de leur réelle représentativité ? Ont-ils aussi des elus grognons, prêts à baisser les credits ou sont-ils au dessus de cela ?
Qui represente la profession au niveau des pratiques : les 4000 bibliothèques petites et moyennes, de terrain,ou quelques grands tribuns conservateurs de structures dantesques ?
Les praticiens de terrain ont-ils encore une visibilité ? Leurs pratiques ont-elles une chance de remonter ou sont-elles destinées à vivoter localement.
C’est dans nos structures que nous faisons entrer le lecteur dans le jeu bibliothéconomique, de differentes façons.
Je dis que localement les petits praticiens de base que nous sommes s’activent comme des fourmis pour ameliorer l’accueil, fideliser le lecteur populaire, et briser certains tabous, dans le souci principal de conserver un bon niveau de frequentation à notre structure.Mais comme nous sentons bien que cette quête dite "du chiffre" reste très suspecte aux yeux des pontes qui nous représentent, nous préférons ne pas ou peu en parler.
C’est pourtant de ce tissu là que sortira un modele de bibliotheque de proximité viable pour l’avenir. De nos petits laboratoires. Pas des grandes officines. Non ?
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